Les sources et les lieux de culte dédiés à Sainte Quitterie de...

Aussac-Vadalle - 16

13 km N d'Angoulême

Lieudit Puymerle

Chapelle dédiée à Sainte Quitterie
semi-enterrée et en ruine, restant de l'ermitage de Puymerle (fondation de l'abbaye de Grosbot).

Histoire de la commune

Quelques photos

Le Pèlerinage de Puymerle (commune d'Aussac)

Puymerle est une vaste clairière parsemée de chênes séculaires.
De temps immémorial, le 22 mai de chaque année, se pressait à Puymerle, une foule bariolée et grouillante, accourue de plus de trente kilomètres. C'est que Puymerle possède un puits dont l'eau jouissait jadis de propriétés miraculeuses.
Elle guérissait "des douleurs". Il suffisait d'en mouiller un mouchoir blanc comme neige, d'en frotter la partie malade, puis de faire une invocation ardente dans la petite chapelle voisine, et, comme par enchantement, le mal disparaissait aussitôt ou peu après.
Seuls ne guérissaient pas ceux qui ne savaient pas prier avec ferveur.
Ce puits se trouve au bas de la partie déclive, à la naissance d'un petit val. Tout près, la chapelle, à demi-ensevelie sous le lierre, les clématites et les ronces; quelques maigres arbustes végètent sur la voûte. Un sentier herbeux y conduit Au levant, une porte basse en est l'unique entrée; deux étroites ouvertures, en forme de créneaux, laissent pénétrer l'air et la lumière, un demi-jour blafard et mystérieux. A l'intérieur, des murs décrépits, aucun ornement, aucun autel, plus rien de sacré, tout a disparu. Et pourtant le puits et la chapelle ont autrefois cornu le frémissement des foules accourues en pieux pèlerinages. Le pèlerinage était l'occasion de la frairie. Dans cette immense clairière retentissaient tambours et clairons, vielles et orgues de Barbarie. Partout, au choix des forains, des hercules de foire, des promeneurs d'ours et de singes grimpant dans les arbres - toute la bohème - se dressaient des tentes, des baraques, des loteries, auberges et cafés, les exhibitions les plus curieuses et les plus variées. Chaque année, mes yeux d'enfant étaient émerveillés par quelques nouveautés inattendues. Mais ce qui me frappait le plus, c'étaient les violoneux qui se promenaient lentement, l'instrument sous le bras. Des couples s'approchaient, les accostaient et... en avant la danse! Les bals s'improvisaient un peu partout; on jouait et on dansait sur dix points différents. Que d'idylles commencées en ce lieu et en ce jour se sont terminées par d'heureuses hyménées! Les temps sont changés. La frairie existe toujours. N'y viennent que les habitants de la commune et des localités avoisinantes. Il est fâcheux que disparaissent certaines mœurs et coutumes populaires d'antan...

Extraits de : "P. Saulnier Etudes Locales, 11e année, N. 101, mai 1930, pp. 151-152"  

27 juillet 2008
Annie Castan - Centre d'Étude, de Recherche et d'Édition de Marestaing - 32490